INDICITIES/INDICES/INDÍCIOS

Hybridations problématiques dans les littératures de l’Océan Indien

Samedi 9 octobre 2010, par André Robèr // Méné

Textes réunis sous la direction de
Mar Garcia, Felicity Hand et Nazir Can

ISBN 978-2-910791-84-1 EAN 9782910791841 Octobre 2010 Prix 20 Euros
INDICITIES/INDICES/INDÍCIOS
Hybridations problématiques
dans les littératures de l’Océan Indien
L’usage indistinct de la notion d’hybridation dans les discours
académiques et politiques de célébration du multiculturel, du
métissage et de la créolisation n’est pas exempt de contradictions et
d’interrogations. L’hybridation renvoie ainsi aussi bien à l’instabilité,
à l’incertitude et à la mobilité associées aux identités liquides
postmodernes qu’aux processus culturels de globalisation dont elle
serait devenue la clé conceptuelle. Et si l’hybridation met au premier
plan des aspects sans doute positifs tels que l’ouverture à l’autre ou
le dialogue interculturel, elle le fait cependant au prix de bien
d’autres occultations, comme l’intensification des inégalités
économiques et sociales dans la nouvelle logique post-capitaliste ou
encore l’abandon des individus à eux-mêmes face au processus
imparable de privatisation des états. À la lumière de ce premier
constat, l’hybridation ne serait-elle finalement qu’une « illusion »
théorique dont les utilisations pourraient, de surcroît, s’avérer
dangereuses ? Le présent volume se propose d’examiner les limites
d’une célébration complaisante de l’hybridation, peu attentive aux
particularités historiques propres à chaque contexte. Les littératures
de l’océan Indien constituent un champ d’observation privilégié
dans la mesure où elles donnent lieu à de profonds questionnements
de l’hybride, qui s’écartent du ton de célébration voire du
messianisme qui lui est associé ailleurs. L’enjeu n’est pas tant que
l’hybridation soit critiquée ou ignorée, mais plutôt que la pensée de
ses limites ou de ses déboires (silences, tensions, violences,
monstruosité, traumatismes) semble l’emporter sur celle de ses
virtualités rédemptrices.
Illustration de couverture : « Treschelonia Atis », Joan Fontcuberta

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