Parution Loui Redona Daniel Honoré

La presse en parle le JIR

Samedi 20 novembre 2010, par André Robèr // La presse en parle

http://www.clicanoo.re/11-actualites/14-culture/264503-un-roman-pour-enrichir-le-k-a-de.html

“Louis Redona” fait partie des nouveautés de fin d’année éditées par André Robèr. L’occasion d’ apprécier la réédition d’une oeuvre signée il y a trente ans par Daniel Honoré. Le premier roman créole de la Réunion.

L’éditeur du K’A n’était pas là en personne hier pour le rituel de présentation de ses nouvelles publications, sa venue étant repoussée de quelques jours pour un autre rendez-vous annuel, attendu par les familiers de la poésie et du Grand Marché : le kabar du 3 décembre prochain où va se relayer autour d’André Robèr toute sa tribu d’écrivains, parmi lesquels Daniel Honoré.

C’est par lui que Carpanin Marimoutou, au nom des éditions du K’A, a ouvert la vitrine littéraire créole du moment avec un ouvrage historique puisque “Louis Redona “ fut le premier travail de prose en créole réalisé par Daniel Honoré et publié en 1970 par les “Chemins de la liberté” que présidait alors Firmin Lacpatia pour le Mouvement culturel réunionnais (MCR).

“Un roman très autobiographique racontant l’itinéraire d’un jeune bénédictin, de son enfance difficile à son engagement politique en passant par la carrière d’instituteur et surtout le premier roman créole de la Réunion. Le livre de Gauvin “Quartier Trois Lettres” ayant été édité après “Louis Redona”, explique le représentant de l’éditeur en précisant que l’auteur avait utilisé à l’époque la graphie éthymologique. Ce que confirme Daniel Honoré, pour qui le plaisir de la réédition est complet. “Ce roman a été très longtemps ignoré parce que la première édition est sortie à quelque 200 exemplaires et de façon assez artisanale qui plus est, ce qui fait que nombre de livres n’étaient pas lisibles. Alors bien sûr, c’est un grand plaisir pour moi de le voir réédité et avec le recul de revenir sur un événement qui m’a valu quelques critiques pour l’écriture choisie. J’avais opté pour la graphie l’éthymologique”,explique l’écrivain “mais, depuis trente ans que dure mon expérience littéraire (ma seule passion était déjà l’écriture), j’ai bien compris que cette graphie-là ne pouvait pas être représentative de la culture réunionnaise.

Je m’en excuse aujourd’hui et je montre avec cette édition retravaillée en graphie tangol que j’ai poussé ma réflexion. Plus j’écris et plus j’ai des problèmes pour traduire ce que j’ai envie de dire en créole d’aujourd’hui Donc mon travail, en ce moment, c’est de faire des propositions des mots “feknèt” ce que Carpanin appelle des néologismes”, ajoute en riant Daniel Honoré qui prépare dailleurs un dictionnaire là-dessus. “Alors, quand j’écris, je glisse deux-trois mots pour voir si le lecteur réagit, comprend, apprécie... Un mot “féknèt” ne peut subsister que si la population s’en empare. Dans ce cas-là, ça devient un enrichissement de la langue. Un kozavek !” . A suivre.

M.D

Louis Redona de Daniel Honoré, Editions K’A, collection Aster

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