Vous savez l’histoire est écrite toujours par les vainqueurs.
Comment peut-on quand on vient du camp des vaincus exister et montrer qu’on a une autre Histoire ? Comment peut-on quand notre culture a été bafouée, quand nos frères et sœurs ont été réduits à rien ou à si peu, montrer que nous sommes debout quand même ? Oui nous avons une histoire avec une langue et une culture que nos ancêtres ont construite malgré eux ou consciemment. Comment ignorer le rouleau compresseur de la réaction et la volonté assimilatrice ? Comment ne pas oublier ce VAT* un certain Michel M à l’école de l’E E R* en 1972 au Port et son mépris pour ma langue avec une telle violence que mes larmes d’adolescent ne purent résister ? Comment peut-on s’admettre battu alors que nous avons mené si peu de combats ? C’est sûrement de tout cela qu’est né K’A. 10 ans c’est déjà pas mal pour une éditions militante si l’on se réfère aux temps de vie des autres éditions militantes réunionnaises. Les chemins de la liberté, ziskakan, les éditions du tramail toutes s’en sont allées de l’autre côté. Aucune n’a survécu. C’est sûrement l’acte individuel qui a maintenu en vie cette initiative. C’est peut-être un travail collectif qui permettra de passer un cran supérieur ?
Voici quelques images des kabar et manifestations organisées pour les dix ans de K’A.Elles sont de Claude Robert un ami d’enfance que j’ai retrouvé le jour du Kabar K’A du kabardock au Port.
Ce qui est écrit est écrit. L’écrit marque l’acte, les images aussi.
En espérant que ces images marquent nos dix ans, merci à tous ceux qui nous ont accompagnés durant cette aventure. Nos excuses à ceux qui ont été présents et que l’objectif de Claude a oubliés.
-André Robèr