Les éditions "K’A" en mouvement

Le JIR du 8 décembre 2014

Lundi 8 décembre 2014, par André Robèr // La presse en parle

Les éditions "K’A" en mouvement
On entre dans certaines entreprises éditoriales avec le même plaisir qu’on pénètre dans une bibliothèque : une curiosité un peu avide, une admiration qui ne sait par où commencer. C’est le cas en abordant les 3 ouvrages publiés, simultanément, par les éditions "K’A" fondées et dirigées par André Robèr, un Réunionnais établi du côté de Perpignan.
"J’ai toujours rêvé pour notre littérature et nos arts en général, d’un espace critique. Cet outil me paraît indispensable afin que nos créations s’offrent davantage à la lecture. Notre espace, ne peut se passer de critique," affirme André Robèr en préambule. Ainsi est née la collection "Sobatkoz", avec, pour commencer, deux titres à l’affiche. Deux études critiques des œuvres d’Axel Gauvin et de Jean-Claude Carpanin Marimoutou. Deux hommes qui jouent un rôle pivot dans la culture réunionnaise depuis une quarantaine d’années.
L’un et l’autre sont connus pour leurs travaux sur la langue créole. "Axel Gauvin a toujours considéré que son engagement en faveur d’une cause ne devait jamais aboutir à une fracture et lorsqu’il réfléchit à l’écriture du créole, il pense la question en termes de pont entre les langues et non dans une perspective de rejet de l’autre," souligne Frédérique Hélias, docteur en littératures française et comparée, par ailleurs directrice de collection des éditions "K’A". Quant à Jean-Claude Carpanin Marimoutou, autre ardent défenseur de la cause créole, il s’attache "à donner une littérature à la langue créole et une langue à la littérature," comme le stipule Valérie Magdelaine-Andrianjafitrimo (maître de conférences en littératures française et francophone à l’Université de La Réunion).
Dans l’une et l’autre études, de nombreux intervenants évoquent ces deux piliers culturels. Chacun d’eux parle de ce qu’il aime, de ce sur quoi ils s’interrogent à leurs côtés, dans le souffle de leurs créations respectives, dans les marges de leurs œuvres. Ainsi Daniel-Henri Pageaux (professeur de littérature générale et comparée à la Sorbonne Nouvelle) salue "le cheminement exemplaire dans lequel se fondent esthétique et éthique, réflexion critique et action poétique" chez Carpanin Marimoutou, tandis que Jean-François Samlong (professeur de lettres et écrivain) tient Axel Gauvin pour "le romancier le plus apte à dépasser la limite des mots pour tendre davantage vers un ailleurs du sens."
Et que dire de la somme (un pavé de quelque 600 pages) que Frédérique Hélias consacre à la poésie réunionnaise et mauricienne d’expression créole, sinon qu’elle constitue une pierre importante à un édifice encore à construire.
Autant d’analyses intelligentes et passionnantes, outils précieux pour étudiants, chercheurs et, d’une façon générale, pour tous ceux qui s’intéressent à la littérature réunionnaise et indianocéanique. Des analyses qui enrichissent notre perception des auteurs présentés.
Ces ouvrages révèlent nos réussites actuelles pour mieux affronter les combats de demain.
A. J.
http://www.jir.re/culture/les-éditions-ka-en-mouvement

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